Un hôpital clandestin soigne les blessés pendant l’offensive sur Tripoli
Un reportage de David Thomson et Marc Jourfier pour France 24
Le site internet de Marc JOURFIER
Un reportage de David Thomson et Marc Jourfier pour France 24
Un reportage de David Thomson et de Marc Jourfier
« A l’annonce de l’Iftar (rupture du jeune chez les musulmans faisant le ramadan, NDLR), tous les tripolitains du quartier ont pris les armes! » Ali a 35 ans et il était avec les gens d’Alsrime, un groupe de maisons du nord-ouest de la capitale, lors du soulèvement de Tripoli le 20 Aout dernier. Depuis plus de deux générations, les Libyens sont sous le joug de Kadhafi et ils se sont organisés depuis le 17 Février pour libérer leur capitale. Il raconte que la population était armé de cocktails Molotov et de kalachnikovs ; « elle a installé des barrages sur tous les axes coupant l’intervention des « kataîbe » », ces miliciens Kadhafistes qui ont fait régner la terreur pendant plusieurs décennies.
Fatigués par plusieurs mois de bombardement incessant de l’OTAN et par le harcèlement des rebelles, le moral des pro-kadhafistes est à zéro. « Kadhafi a fait une erreur fatale en dispersant partout ses troupes » ; résultat, de nombreux uniformes ont été abandonnés ainsi que des Toyota et beaucoup se sont enfuis. Le drapeau vert, rouge et noir de la révolution flotte maintenant dans ce quartier huppé de Tripoli. « Ça sent bon la liberté », confit Mohamed, ingénieur dans une compagnie pétrolière qui a échangé ses responsabilités pour devenir chef de quartier rebelle. « Nous avons un hôpital de campagne qui est dans une villa et on s’occupe de la logistique des combattants en eau et en nourriture ».
Une révolution organisée, coordonné et encadré. Une révolution qui a choisit comme symbole de déclenchement de sa plus importante bataille, un signe fort de la religion de musulmane, la rupture du jeune !
Marc Jourfier à Tripoli
« J’espère mourir bientôt pour être un shahid (martyr), Inch Allah ! »
Al hobab, a 27 ans, avant de prendre l’un des fusils d’assaut parachutés par l’Otan non loin de chez lui, il était architecte. Aujourd’hui, au volant de son pick-up frappé des couleurs de la rébellion, il traque les derniers tireurs Kadhafiste dans les ruelles de son quartier.
« Ecoutes,…, tu entends les obus qui tombent, j’aime ça, ce sont les bombes de la gloire… ».
L’homme est un insurgé de la première heure, il se bat pour la révolution et pour Zawiyah, la ville ou il est né et dont il a regardé fuir presque la totalité de ses 300 000 habitants. Aujourd’hui avec son millier de camarade insurgé, Al Hobab a repris Zawiyah aux forces de Kadhafi. Une victoire de taille qui place la rébellion à moins de 50 kilomètres de la capitale, Tripoli. Mais Zawiyah, c’est aussi la pompe à essence de la Libye, grâce à sa raffinerie, la plus importante du pays. Privé de cette ressource stratégique majeure, les forces loyalistes sont condamnées, à terme, à la panne sèche. Alors que la Libye entre dans sa seconde semaine de ramadan, les combats n’ont jamais été aussi intenses et la rébellion semble mener son offensive finale. La veille encore Haja street, la rue principale qui coupe le centre ville, marquait la ligne de front de Zawiyah.Aujourd’hui, quelques tirs sporadiques résonnent encore dans les quartiers qui bordent la mer.
Pour le colonel Jama Ibrahim, porte parole du Conseil militaire du Djebel Nefoussa, « Tenir Zawiyah, c’est asphyxier Tripoli ». La ville est un point passage obligé vers la Tunisie d’où les forces de Khadafi reçoivent l’essentiel de leur soutien logistique. Coupé de ses approvisionnements la capitale n’est plus qu’en sursis. Ce dimanche les troupes loyalistes chassées de Zawyah s’étaient regroupées aux abords Est de l’agglomération avec leurs pièces d’artillerie. De là, la ville est régulièrement pilonnée.